Juillet 2016 – Juillet 2026
IAPKAR « La Médiathèque », 10 ans au service de la culture et de la promotion de la lecture
Il y a dix ans, l'Ivon-toerana Anovozam-Pahalalana Kolonely Alphonse Rakotonirainy (IAPKAR), plus connu sous le nom de « La Médiathèque », ouvrait enfin ses portes au public.
Dix années faites d'espoirs, de doutes, de réussites et de difficultés. Le bilan n'est peut-être pas parfait, mais il est loin d'être négatif. Nous avons fait de notre mieux, avec les moyens dont nous disposions, et surtout avec le cœur.
Pourtant, cette inauguration de juillet 2016 était déjà l'aboutissement d'une autre décennie de travail.
Tout commence en 1996, lorsqu'un décret du Chef de l'État-major met à la disposition de l'Association pour la Médiathèque Colonel Alphonse Rakotonirainy (AMCAR) , pour une durée illimitée, le rez-de-chaussée de ce bâtiment désaffecté du Toby Kolonely Alphonse Rakotonirainy afin d'y créer une médiathèque. L'AMCAR prend en charge le financement des travaux, tandis que l'Armée apporte son soutien par la mise à disposition de militaires.
Il faut savoir que l’Armée n’avait plus aucune bibliothèque de loisirs depuis 1972, au grand désespoir de mon père. La bibliothèque qui était à Betongolo a fermé définitivement après les évènements de 72.
Les travaux débutent en 1997.
Pour limiter les vols, un mobilier entièrement sur mesure est conçu, avec des dimensions et un design ne correspondant à aucun meuble du commerce. Malgré ces précautions, une partie du mobilier disparaîtra au fil des années.
Les collections sont constituées grâce à un important travail de récupération en Île-de-France. Près de 20 000 ouvrages, destinés au pilon par différentes bibliothèques, sont sauvés, auxquels s'ajoutent une dizaine d'ordinateurs, des cassettes audio et de nombreux documents, notamment offerts par les Saint-Cyriens français. L'ensemble est acheminé jusqu'à Madagascar grâce à la générosité de plusieurs transitaires.
L'organisation de la future médiathèque est élaborée avec les autorités militaires. Une structure administrative relativement lourde est mise en place, multipliant les responsables et leurs adjoints. Malgré près de dix années d'efforts, la médiathèque ne parvient pas à ouvrir ses portes.
Peu à peu viennent le découragement, le manque de motivation, puis la maladie de Neny. Enfin, le coup d'État de 2009 entraîne la fermeture du site pour plusieurs années.
En 2014, après quatorze années d'absence, je découvre une médiathèque abandonnée et largement dépouillée. Sous le coup de la colère, je décide de la fermer. Mais alors que je commence l'écriture de mon livre sur mon père, une évidence s'impose : cette médiathèque est avant tout son rêve, celui de partager le savoir, la culture et le goût de la lecture. Il fallait poursuivre.
La Médiathèque est finalement inaugurée en juillet 2016, à l'occasion du 40ᵉ anniversaire du décès du colonel Alphonse Rakotonirainy. 
Son fonctionnement est entièrement repensé. L'organigramme est simplifié : un officier supérieur, le colonel Lanto Eric Ratovondrahona, assure désormais la direction exécutive, assisté de deux bibliothécaires civils spécialement formés, de deux sous-officiers et d'un jeune soldat.
Depuis dix ans, cette petite équipe fait vivre la Médiathèque avec engagement et persévérance.
Installée dans une enceinte militaire, elle reste toutefois soumise aux contraintes de l'institution. Lorsque les militaires sont consignés en raison de la situation nationale, ou lors des crises sanitaires — comme la Covid-19 ou les épidémies de peste —, la médiathèque est contrainte de fermer temporairement.
Dès l'origine, notre ambition était simple : créer une médiathèque solide, lui permettre de fonctionner de manière autonome, puis transmettre progressivement sa gestion à l'Armée. Force est de constater que cet objectif n'a pas encore été atteint. L'institution militaire doit faire face à de nombreuses priorités, et la culture ne figure malheureusement pas toujours parmi elles.
Pourtant, dix ans après son ouverture au public, la Médiathèque demeure bien vivante. Elle continue d'accueillir ses lecteurs, de transmettre le savoir et de faire vivre le rêve de mon père : partager la culture et la lecture au plus grand nombre.
Merci à tous ceux qui ont contribué à faire vivre cette belle aventure.
Malalanirina Sylvia Rakotonirainy
Présidente de l'AMCAR